La musicothérapie: les vibrations peuvent nous guérir intégralement

Par David Sitges-Sardà

La vibration d’un instrument de musique atteint la partie la plus profonde de notre organisme : c’est un médicament pour le corps et un baume pour l’esprit.

La santé n’est pas seulement une question physique ou biologique, mais aussi une question psychologique, sociale et spirituelle.

D’un point de vue holistique, nous pouvons avoir la migraine et être tristes, nous pouvons avoir des difficultés et des tensions dans nos rapports avec une certaine personne et nous pouvons avoir le sentiment que notre vie n’a pas de sens.

Notre santé dépend nécessairement de la prise en compte de toutes ces dimensions. Et c’est seulement lorsque nous considérons cette définition de la santé comme holistique que l’idée d’une “musique qui guérit” prend tout son sens, car elle nous affecte à tous les niveaux :

  • La musique est un son, c’est-à-dire une énergie, et elle a un impact direct sur notre système biologique.
  • La musique est “le langage des émotions”, comme l’a dit Kant. Il affecte directement le système limbique, la partie du cerveau où les émotions sont gérées.
  • La musique est un “langage universel”, elle nous permet de communiquer non verbalement avec les autres.
  • Grâce à la musique, nous pouvons atteindre des états de conscience modifiés, contemplatifs.

LA MUSICOTHÉRAPIE, UN OUTIL QUI NOUS ÉQUILIBRE

Pour que la musique soit thérapeutique, il ne suffit pas de mettre la radio en conduisant. Une chanson à laquelle nous ne nous attendions pas peut nous faire sourire, mais elle ne nous guérira pas.

Pour extraire tout son potentiel de la musique, il faut y penser comme un chirurgien pense à son scalpel. C’est un outil utile.

Comme le souligne Anthony Storr dans La música y la mente (Paidós, 2008), il a fallu attendre la modernité pour que la musique s’émancipe de sa fonction et devienne quelque chose de “pur”, quelque chose que nous apprécions en soi.

Depuis des temps immémoriaux, elle a été utilisée comme support à d’innombrables fins : fil conducteur des rituels religieux, signe d’identité des tribus, moyen de faciliter les états d’extase ou comme stimulant avant le combat… La musique avait, avant tout, une fonction essentiellement pratique.

Et la musicothérapie, en tant que thérapie “complémentaire” qui jouit aujourd’hui d’une grande reconnaissance, n’est rien d’autre qu’une récupération de cette conception de la musique comme moyen, spécifiquement pour guérir, soulager ou accompagner la maladie.

UNE MUSIQUE POUR CHAQUE DÉSÉQUILIBRE

La musicothérapie ne consiste pas seulement à faire jouer un CD pour que quelqu’un se détende. La musicothérapie fait appel à une multitude de techniques pour obtenir des résultats spécifiques avec des personnes souffrant de maladies spécifiques.

Elle est appliquée dans pratiquement toutes les spécialités de la santé, ainsi que dans l’épanouissement personnel.

Le patient peut jouer d’un instrument dans un groupe comme moyen de socialisation (dans l’éducation spécialisée) ; il peut écrire des paroles pour exprimer ce qu’il ressent (dans la dépression) ; il peut synchroniser sa démarche avec le battement d’un tambour pour maintenir ou minimiser la diminution de sa capacité à marcher (dans la maladie de Parkinson).

Le patient peut réciter des mantras pour calmer son dialogue intérieur (croissance personnelle) ; il peut  s’émouvoir et reprendre ses esprits lorsqu’il  écoute une musique qu’il n’avez pas écoutée depuis 60 ans mais dont il se souvient parfaitement (dans la maladie d’Alzheimer).

Il peut chanter de longues notes, appelées toniques, pour se souvenir de sa capacité de respirer par l’abdomen et apprendre de manière ludique des ressources pour gérer le stress (dans les troubles d’anxiété généralisée) ; il peut faire certains exercices de chant pour récupérer la parole par la mélodie (dans l’aphasie causée par un accident vasculaire cérébral), etc.

MÉTHODE TOMATIS, RÉAPPRENDRE À ÉCOUTER

Le Dr Alfred Tomatis (1920-2001) a découvert qu’une personne qui ne peut pas entendre une certaine fréquence n’est pas capable de la reproduire avec sa voix. C’est pourquoi les chanteurs qui se présentaient à son bureau (il était physicien et oto-rhino-laryngologiste) étaient désaccordés dans un registre précis.

Le problème n’est pas lié au système auditif, mais à l’organe qui décode les messages qu’il envoie, le cerveau.

Il a découvert que l’écoute répétée de la musique qui amplifiait la fréquence que la personne n’entendait pas rétablissait les connexions neurales qui inhibaient l’écoute.

De plus, les patients se sont améliorés psychologiquement ! Cela a conduit Tomatis à déduire que les traumatismes ou les conflits psychologiques inhibaient l’écoute de certaines fréquences, et que, en écoutant de la musique correctement traitée, les symptômes de ces conflits pouvaient être atténués.

La méthode améliore la mémoire, l’attention, la coordination, la fluidité verbale et le rythme. Elle est indiquée pour les troubles psychiques et émotionnels.

LA “NOUVELLE MUSIQUE SACRÉE

Avec la perspective des années, nous nous rendrons compte que nous vivons actuellement une résurgence de la spiritualité. Nous ne la considérerons plus comme une mode passagère, mais comme un véritable phénomène sociologique.

Les gens ont soif de transcendance, mais dans une large mesure, ils ne la recherchent plus dans la religion. La spiritualité est en train de se séculariser dans le monde occidental.

L’intérêt pour le yoga, la méditation ou les cérémonies avec des plantes sacrées, qui s’est déclenché dans les années 1960, est sûrement revenu pour rester.

Ce phénomène ou mouvement a une bande sonore que nous avons appelé la “nouvelle musique sacrée”, qui englobe les artistes qui comprennent la musique comme un moyen de faciliter chez l’auditeur un état spécifique, qu’il soit contemplatif ou extatique.

Cette “soif de transcendance” est reconnue et la musique est proposée comme un véhicule pour l’approcher, pour “guérir”.

Il existe des musiciens de renom de la “nouvelle musique sacrée” comme Krishna Das, Deva Premal ou Snatam Kaur, qui ont recueilli le Kirtan, la musique de dévotion de l’Inde, et l’ont passé au crible de l’Occident pour le rapprocher des ouïs actuels.

LA MUSIQUE QUI UNIT

Dans les nombreux concerts de cette musique sacrée, l’auditeur est invité à chanter des mantras (syllabes ou mots sacrés qui sont répétés à l’infini), souvent sous forme de questions-réponses, générant ainsi un sentiment de communion et d’unité parmi le public qui est beaucoup plus proche du religieux que du spectacle ou de la culture.

Dans le cadre de cette tendance, et sans aller plus loin, il existe dans notre pays – plus précisément à Barcelone – un mouvement très important d’artistes qui, bien qu’ils soient stylistiquement différents les uns des autres, on peut dire qu’ils comprennent la musique de la même manière. Ils jouent souvent dans des églises et rassemblent des centaines de personnes lors de leurs concerts.

Parmi eux, Ravi Ramoneda est l’un des plus grands représentants du Kirtan. Nous avons Mark Pulido et ses Bilas, les “cloches plates de haute fréquence vibratoire”, un instrument d’une puissance inhabituelle.

Et nous avons MuOM, le chœur de chambre de chant harmonique de Barcelone, l’un des rares groupes au monde qui utilise les techniques du chant diphonique ou du chant de gorge (un seul chanteur émet deux sons en même temps) dans un groupe.

ONTRE LE RISQUE D’EXCLUSION

La musique touche l’âme et sert aussi à rassembler les gens et à faire ressortir le meilleur d’eux-mêmes.

Le concept de musique communautaire (et d’arts communautaires) mérite une mention spéciale. Partout dans le monde, il y a une prolifération de projets qui utilisent la musique comme outil de travail avec des groupes en risque d’exclusion.

En Amérique du Sud, on trouve le pionnier Sistema Nacional de Orquestas y Coros Juveniles e Infantiles de Venezuela (Fundación Musical Simón Bolívar), un programme qui met en œuvre des valeurs par le biais des orchestres.

En Colombie, la Fondation de la famille Ayara mène des activités artistiques et pédagogiques basées sur la culture hip-hop pour améliorer les chances des jeunes.

Au Royaume-Uni, le Streetwise Opera donne aux personnes qui ont vécu dans la rue la possibilité de monter sur scène.

Et à Barcelone, le projet Basket Beat enseigne la musique et les valeurs par le biais du basket, et dispose d’un orchestre professionnel composé de musiciens, d’éducateurs sociaux et de jeunes, le Big Band Basket Beat Barcelona.

LES EXPÉRIENCES SUR L’INTERNET

La musique n’est pas seulement un divertissement, mais bien plus : c’est un baume pour l’esprit, une caresse pour le corps et une charnière pour nos relations.

Nous pouvons tous avoir accès à des expériences de chez nous, par le biais d’Internet :

  • aliveinside.us Documentaire sur la capacité de la musique à raviver la flamme de la vie. La caméra montre les incroyables réactions des personnes dont la mémoire ou l’estime de soi semble avoir été altérée par des maladies neurodégénératives, lorsqu’elles écoutent des chansons choisies avec soin.
  • mantramovie.com Projet en cours grâce à un financement par crowdfunding sur le pouvoir des mantras et des chants sacrés mettant en vedette des artistes nationaux et internationaux de premier plan. À écouter
  • snatamkaur.com Ambassadeur de la paix et l’un des chanteurs de kirtan les plus populaires.
  • krishnadas.com La rockstar du yoga !
  • muom.net La chorale de chant harmonique de Barcelone, l’une des rares au monde.
  • markpulido.net  Écoutez des cloches plates vibrantes à haute fréquence.
  • raviramoneda.blogspot.com.es Blog d’un des artistes de Kirtan ayant une projection plus internationale.

THÉRAPIE SONORE, FRÉQUENCES DE GUÉRISON

Bien qu’elle puisse être comprise comme une branche de la musicothérapie, la thérapie sonore ou sonothérapie est considérée comme une thérapie différente.

La raison est que la thérapie sonore utilise comme agent thérapeutique l’aspect purement physique : le son, les ondes sonores. Bien que plusieurs techniques soient utilisées, la plus courante est que le patient reçoive un bain de fréquences sonores émises par des instruments tels que des bols tibétains, des bols en quartz, des gongs, des didgeridoo, des monocordes…

SE CONNECTER AU RYTHME DE LA VIE

L’idée fondamentale sur laquelle repose la thérapie sonore est que notre corps, comme toute matière, émet un ensemble de vibrations qui forment la fréquence fondamentale du corps. Un corps sain émet une fréquence harmonique, comme un instrument bien réglé. Mais elle peut devenir “désaccordée” pour diverses raisons (stress, traumatisme, accident…).

La thérapie par le son comprend la maladie comme une perte de l’harmonie du corps, et le son comme l’agent qui peut aider à rétablir l’équilibre par des fréquences pures ou des sons riches en harmoniques.

Le son est une énergie physique. À première vue, on peut avoir l’impression qu’on nous mène en bateau. En fait, c’est l’une des thérapies où il y a le plus d’intrusion, car n’importe qui peut acheter quelques bols et accrocher le titre de thérapeute. Mais cela ne signifie pas qu’il faille dédaigner le potentiel thérapeutique du son.

QUI PREND LES DÉCISIONS ENTRE LE CERVEAU ET LE CŒUR ?

Non seulement nous entendons le son parce que le cerveau décode la pression qu’il reçoit dans les tympans, mais nous le ressentons aussi physiquement, avec tout notre corps. Les musiciens et les médecins ont montré que le son nous affecte de manière incroyable.

Mitchell L. Gaynor, ancien directeur d’oncologie médicale au Weill Cornell Medical Center for Complementary and Integrative Medicine à New York, a utilisé la thérapie sonore comme thérapie complémentaire pour le traitement des patients atteints de cancer (oncologie intégrative).

Et il y a tout juste trois ans, une équipe dirigée par le chercheur Anthony Holland a filmé en direct pour la première fois des cellules cancéreuses explosant lorsqu’elles sont soumises à des fréquences (modélisées par le plasma).

www.cuerpomente.com